NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU

Goma, le 04-06-2012

Publication de la feuille de route du Gouvernement : L’épée de Damoclès suspendue sur les ministres

En rendant publique la feuille de route de son Gouvernement, c’est une épée de Damoclès qui est suspendue sur les ministres, qui sont désormais comptables devant la Nation congolaise toute entière *Le Gouvernement a l’obligation des résultats et les Congolais ont le devoir civique de demander des comptes *Conscient des difficultés inhérentes à la matérialisation de cette feuille de route, Matata Ponyo rappelle que la révolution de la modernité exige l’abandon de certaines antivaleurs.

A l’échéance des 100 jours après l’investiture du Gouvernement du Premier ministre Matata Ponyo Mapon, ses ministres devront dire à la population ce qu’ilsont réellement fait en vue d’atteindre les objectifs précis. Ces objectifs figurent dans la feuille de route de mise en œuvre du programme du Gouvernement qui a été présenté à la presse le samedi 02 juin dernier. Et le souhait du Gouvernement est que l’atteinte de ces objectifs puisse répondre à des problèmes clairement identifiés à travers les diagnostics posés pour l’élaboration du Programme, et principalement en vertu du Document pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté de 2ème génération (DSCRP II). C’était en présence des Vice-premiers ministres de la Défense et du Budget, du ministre des Médias, du Secrétaire général du Gouvernement, etc. A la lecture de ladite feuille de route, l’on peut facilement se rendre compte que l’épée de Damoclès est suspendue désormais sur les ministres qui sont comptables devant la Nation congolaise toute entière. Ce qui permettra à la population d’évaluer l’efficacité de l’action du Gouvernement, secteur par secteur.

En effet, la feuille de route qui est une déclinaison des engagements sectoriels sur la période de 2012 à 2016 ne pourra avoir des résultats escomptés que si elle est basée sur une gouvernance sans faille. Et cette rigueur, conformément à la volonté du chef de l’Etat, ne doit pas être une « rigueur pour la rigueur ». Elle doit être une rigueur porteuse de croissance et de distribution. C’est pour cette raison que la feuille de route du Gouvernement s’étale, dans le court terme, sur la poursuite des réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’Etat, la consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique et relancer la croissance et la création d’emplois, la poursuite de la construction et la modernisation des infrastructures de base, l’amélioration des conditions de vie des populations, le renforcement du capital humain et faire de la société congolaise un vivier de ma nouvelle citoyenneté et enfin, le renforcement de la diplomatie et la coopération au développement. Pour le Premier ministre, la feuille de route met tous, gouvernants comme gouvernés, à l’épreuve de la gouvernance. Car, il n’y a bonne gouvernance que si les populations qui nous ont conféré le mandat de gérer la chose publique tiennent les gouvernants comptables de leur gestion.

Cap sur l’amélioration du climat des affaires

Après la présentation de la feuille de route par le Premier ministre, il s’en est suivi une série de questions et réponses. La presse a voulu savoir dans combien de temps les objectifs sociaux du Gouvernement seront atteints. Combien de bus à acquérir et d’emplois à créer, etc. ? Pour le Premier ministre, ce qui compte, c’est l’exercice qu’il a entrepris. C’est-à-dire, circonscrire la feuille de route qui pose un diagnostic. C’est par la suite que la population devra évaluer le Gouvernement pour savoir s’il y a progrès ou pas. Il a aussi reconnu que les progrès comme les contre-performances sont du domaine public.

S’agissant du transport en commun, le Premier ministre a dit que son Gouvernement fait siennes les préoccupations de la population. Déjà, le ministère des Transports est impliqué pour cet exercice. D’ailleurs, l’appel d’offres pour l’acquisition des bus est déjà lancé. Contrairement aux us et coutumes du passé, les bus seront gérés de manière professionnelle. Il n’a pas manqué de rappeler que le chemin de fer est aussi concerné et le pays compte acquérir les moyens de transport compatibles avec la vision du chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange.

Au sujet de l’emploi, le Premier ministre répond que c’est ne pas un don, mais c’est un processus. Pour lui, l’emploi n’est pas toujours créé par la Fonction publique comme on le croit, la tâche du Gouvernement c’est d’améliorer le climat des affaires pour permettre aux opérateurs économiques d’avoir le plaisir d’investir en Rd Congo. L’honneur du Congolais doit se mesurer par sa capacité à créer les richesses, et non le théâtre, dit-il.

Abandonner certaines antivaleurs

Dans une autre série de questions, la presse a voulu savoir les obstacles qui peuvent empêcher la matérialisation de la feuille de route. Des sanctions pour les dérapages, la place des PME et la lutte contre l’économie informelle, etc. Dans sa réponse, le Premier ministre a fait savoir que lorsque le chef de l’Etat a lancé la révolution de la modernité, il y a l’abandon de certaines antivaleurs. Et lorsqu’on considère certaines antivaleurs comme valeurs, il y a la résistance. Pour lui, les réformes ont parfois l’inconvénient de manger les réformateurs. D’où la nécessité de faire comprendre à la population que le chemin vers la croissance est plein d’embuches. Il insiste en disant que la gouvernance ne doit pas nous être imposée, surtout que la bonne gestion amène vers le village de la prospérité. Ceci pour dire que la bonne gouvernance constitue un élément clé pour la réussite de la feuille de route.

Le Premier ministre a expliqué que tout travail humain est susceptible de connaître quelques imperfections. Mais le souci est de corriger les insuffisances, d’autant que l’objectif pour le programme est de créer des emplois pour que tout le monde puisse travailler. Réagissant au sujet des dérapages constatés, le Premier ministre a reprochéles Kinois d’être les premiers à fustiger le fait que Kinshasa est la ville la plus sale du monde, mais quand on veut assainir, il y a des résistances. Il a rassuré que la lutte contre l’insalubrité ne sera pas un travail épidermique.

Au sujet des petites et moyennes entreprises, Matata Ponyo a déclaré qu’elles occupent une grande place dans son programme. Mais on doit améliorer le climat des affaires et travailler pour que la création des entreprises se passe en un temps record. Il a promis d’assainir le secteur, tout en supprimant des taxes illicites et fantaisistes. A propos de la Francophonie, le Premier ministre a dit que ce Sommet n’est pas un plan de la Majorité, mais un forum organisé par le Gouvernement. D’ailleurs, souligne-t-il, il y a des choses pour lesquelles un consensus national est obligatoire.

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