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Heure de Goma 

 
 
 
 

LE NYIRAGONGO

Présentation

La ville de Goma , construite sur une épaisseur de 1 000 m de produits volcaniques est sous la menace directe de ces coulées destructrices. La présence abondante de gaz méthane dans les profondeurs du lac Kivu (65 km 3 estimés) constitue une autre menace pour la population de la région, le gaz pouvant migrer vers la surface à la suite d'un séisme ou d'une éruption. La présence abondante de méthane est expliquée principalement par la fermentation des sédiments mais aussi par la réduction du gaz carbonique d'origine magmatique. L'exploitation industrielle de ce gisement à des fins énergétiques est envisageable.

Le stratovolcan Nyiragongo (celui qui fume) se dresse dans la partie centrale de la branche occidentale du rift Est-Africain. Il se situe à l'Est de la République Démocratique du Congo, à 18 km au nord du lac Kivu et de la ville de Goma (500 000 habitants) qu'il domine du haut de ses 3 470 m d'altitude. Le Nyiragongo, avec son proche voisin le Nyamulagira (celui qui commande), sont les deux volcans actifs de la chaîne des Virunga qui est un massif volcanique constitué par l'alignement de 8 volcans (Nyiragongo, Nyamuragira, Mikeno, Karisimbi, Visoke, Sabinio, Gahinga et le Muhavura) sur environ 90 km de long et 20 à 30 km de large, de direction Est-Ouest. La formation de cette chaîne volcanique a barré l'écoulement des eaux vers le Nord et entraîné la formation du lac Kivu à près de 1 500 m d'altitude, profond de 485 m et qui s'étend sur 2 700 km 2 . De nombreuses coulées de laves fluides et rapides, émises par les volcans Nyiragongo et Nyamuragira ont atteint le lac Kivu et formé des deltas.


Morphologie

Le Nyiragongo se présente sous la forme d'un imposant cône tronqué (3 470 m) dominant la région de Goma et le Nord-Kivu . Les flancs du stratovolcan sont persillés d'une centaine de cônes adventifs. Deux cônes plus âgés et partiellement envahis par les laves du Nyiragongo se situent sur le flanc sud (cône Shaheru, 2 600 m) et sur le flanc nord (cône Baruta, 3 000 m). Le cratère sommital, aux parois abruptes, du Nyiragongo a un diamètre d'environ 1 200 m et renferme un impressionnant lac de lave brassé en permanence par un dégazage intensif. A la mi-mars 2006, le lac de lave en fusion faisait 300 m de long sur 200 m de large et se situait à 580 m de la lèvre du cratère. Des fontaines de lave de 20 à 40 m de hauteur étaient visibles en permanence. A l'intérieur du cratère on aperçoit deux terrasses qui sont les vestiges du niveau atteint par le lac lors des éruptions de 1977 et 2002.
Le Nyiragongo émet en moyenne 10 à 20 000 tonnes/jour de dioxyde de soufre, ce chiffre pouvant atteindre 50 000 tonnes/jour en certaines périodes ce qui n'est pas sans conséquences sanitaires pour la population proche.
La première ascension du Nyiragongo a été réalisée en 1894 par Adolf Von Götzen mais c'est Haroun Tazieff qui, après avoir observé en 1948 l'éruption du Gituro, découvrit sa vocation de volcanologue et entreprit les premières études sur le lac de lave.

Ascension

la montée au sommet, sans difficultés techniques, commence au village de Kibati (1 970 m). La forêt de feuillus avec des bambous est d'abord présente puis on atteint les coulées de 2002 où alternent les laves "aa" et "pahoehoe". L'ascension se poursuit sur ces laves jusqu'à la fissure éruptive de 2002, à 2 700 m d'altitude, déjà active en 1977. A l'étage supérieur, vers 3 000 m, prédominent les bruyères arborescentes qui font place ensuite aux lobélies et séneçons. A partir de 3 100 m, la végétation est de plus en plus rare et affectée par les gaz acides. L'ascension du cône terminal, dénudé, permet d'accéder à la lèvre du cratère où le regard plonge dans "le chaudron du diable".


Eruptions

1948 : Le 1er mars, un cône (le Gituro) se forme à 1800 mètres d'altitude et une fissure de 6 km de long apparaît. Du nouveau point de sortie (le Muhuboli), une importante coulée de lave atteint le lac Kivu en deux semaines. Elle s'arrête le 18 mai.

1977 : Suite à une éruption fissurale le 10 janvier, un flot de lave très fluide s'échappe de la mi-pente, vidant tout le lac de lave en moins d'une heure, et causant la mort de 600 personnes. La coulée s'arrête à moins d'un kilomètre de l'aéroport de Goma . Suite à l'effondrement du système de puits et de plate-formes intérieures qu'il contenait, un nouveau cratère de près de 900 m de profondeur se forme. Le lac de lave ne réapparaîtra qu'entre juin et octobre 1982, et de façon fugace en 1994 et ce jusqu'en 1995. Il se stabilise alors à 245 m sous le sommet du volcan et se fige à nouveau.

2002 : Le 17 janvier à 9h30, le volcan se fissure. Trois failles - deux sur le versant Est et une sur le versant Ouest - déversent des rivières de lave. Le 18 janvier, deux coulées majeures traversent la ville de Goma située à 15 kilomètres, réduisant à néant 18 % de la ville mais ravageant 80 % de l'économie, y laissant un sillon de 60 mètres de large, après avoir détruit 14 villages des environs. Le déversement de la lave dans le lac Kivu fait craindre un bilan humain beaucoup plus tragique par remontée des gaz carbonique et méthane stockés dans ses fonds. On dénombrera au total 147 victimes pour cette éruption. Suite à cette activité, le cratère s'effondre à nouveau en un nouveau puits de 760 m de profondeur. En novembre 2002, un nouveau lac de lave s'établit au fond du cratère. Son activité est toujours en cours.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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