Sensible aux sages conseils prodigués par le président de la République et au vu de l’évolution de la situation, le MSR a levé sa décision de suspension de participation à toutes les rencontres et activités à caractère politique au sein de la Majorité présidentielle, aux travaux préparatoires et aux Concertations nationales
Une décision obtenue après mûres réflexions, surtout qu’à analyser de très près la façon dont la justice a été rendue par la Cour suprême de justice, il saute aux yeux de tout le monde que le souci était de démontrer à la face du monde qu’il n’y a pas une justice pour l’Opposition et une autre pour la Majorité au pouvoir
Le Mouvement social pour le renouveau (MSR), troisième force politique de la Majorité présidentielle après le PPRD et le PALU a piqué une sainte colère, à la suite de la condamnation de son député par la Cour suprême de justice à une peine de trois ans fermes.
Cette condamnation n’était pas du goût du MSR qui avait surpris tout le monde, en suspendant jusqu’à nouvel ordre sa participation à toutes les rencontres et activités à caractère politique au sein de la Majorité présidentielle, parmi lesquelles les travaux préparatoires des Concertations nationales et aux Concertations proprement dites tant que l’injustice décriée n’aura pas été réparée.
Mais quelques jours après, soit le vendredi 16 août 2013, le MSR a été reçu par le président de la République. Selon le communiqué de presse du MSR en notre possession, l’occasion a ainsi été offerte de présenter les motivations et le contenu de la déclaration politique du 14 août 2013.
« Toujours attentif et soucieux de la construction d’un Etat de droit, respectueux des droits fondamentaux et libertés de toute personne vivant dans ce grand pays qu’est la Rd Congo, le chef de l’Etat a écouté avec bienveillance les préoccupations du MSR », indique le communiqué de presse, qui ajoute que le MSR, sensible aux sages conseils prodigués par le président de la République et au vu de l’évolution de la situation, a levé sa décision de suspension de participation à toutes rencontres et activités à caractère politique au sein de la Majorité présidentielle, aux travaux préparatoires et aux Concertations nationales.
Même si le MSR est revenu à la raison, disons que le chef de l’Etat qui a reçu les cadres de ce parti politique doit n’avoir pas apprécié cette attitude qui vient annihiler tous les efforts fournis par lui pour réformer le secteur de la justice. L’on croit savoir aussi qu’il leur a tiré les oreilles pour que tel comportement ne se reproduise plus.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase
S’agissant du déroulement de cette émission pour laquelle le député a été condamné à trois ans, les enquêtes approfondies révèlent que l’honorable Muhindo Nzangi (de la Majorité présidentielle) était présent à Goma depuis quelques jours. Et les enquêtes de révéler qu’à l’annonce de cette émission, le député Mohindo Nzangi aurait sollicité d’y participer, mais que la réponse lui donnée était négative, car les co-débatteurs étaient déjà en nombre suffisant, soit 7 personnes.
C’est par surprise, soit 10 à 15 minutes après le début de l’émission, que l’honorable Muhindo Nzangi fera irruption dans le studio de la radio Kivu One contre toute attente. Au cours de cette émission, le député a regretté solennellement le « revirement spectaculaire de la Société civile » de laquelle il attendait « des actions de grande envergure contre la Monusco et le Gouvernement congolais ».
Ici, en des termes laconiques, le député a demandé publiquement à la population de faire plutôt « un sit-in » au bureau de la Monusco pour obliger celle-ci à débuter les opérations militaires, faute de quoi la population est autorisée à chasser cette mission onusienne de Goma et partant de la Rdc.
Il a rappelé que « eux députés nationaux ne contrôlent pas le président de la République, étant donné que celui-ci est élu au suffrage universel ». Et qu’à ce titre, seul le peuple a le pouvoir sur le chef de l’Etat quand celui-ci ne veut pas l’écouter.
C’est à ce stade du débat que le député M. Nzangi évoquera le cas du Mali en ces termes : « l’ancien président du Mali (dont il avait du mal à retrouver le nom et le co-débatteur de rappeler ATT, comprenez Amadou Toumani Touré) n’écoutait pas son peuple qui lui demandait de mener les opérations contre la rébellion au nord du Mali. Et le député de poursuivre « vous savez ce qui lui est arrivé ». Et la phrase assassine du député « vous devez vous prendre en charge vous le peuple lorsque les dirigeants ne vous écoutent pas ».
Au cours de la même émission, l’élu de Goma a rappelé aux auditeurs de la radio Kivu One qu’il est allé au front de Mutaho, au nord de Goma où il y a un mois les Forces armées de la Rdc ont démontré qu’elles étaient capables de mettre en déroute les rebelles si les conditions minimales leur étaient assurées.
Après avoir loué les prouesses des FARDC, Muhindo Nzandi s’est évertué en soulignant qu’il a vu des cadavres et alors beaucoup de cadavres des Rwandais « non enterrés ». Et le député de conclure que le Rwanda devra désormais respecter la Rdc.
Quelle analyse faire de ces propos ?
Il apparaît clairement que les services spécialisés ont transmis un rapport à Kinshasa pour faire état du comportement inconsidéré du député de la Majorité. A voir de très près, la Majorité présidentielle, en saisissant le Procureur général de la République (PGR), voulait montrer à la face du monde qu’il n’y a pas une justice pour l’Opposition politique et une autre pour la Majorité au pouvoir.
Pour rappel, un mandat d’amener à charge du député avait été transmis, par le PGR Flory Kabange Numbi au Procureur général près la Cour d’appel de Goma, M. Melimeli qui a auditionné le dimanche même l’incriminé Nzangi avant de l’envoyer le soir même à Kinshasa par le régulier de la compagnie africaine d’aviation (CAA).
Les services de sécurité ont, du point de vue de l’analyse, constaté que le député de la Majorité a dépassé les limites du tolérable, car lorsque le député fait allusion au coup d’Etat du capitaine Sanogo, au Mali, il fait un appel aux militaires congolais de faire de même en Rdc. Ce qui apparaît aux yeux de la Cour suprême de justice comme une atteinte à la sûreté intérieure du pays.
En parlant des cadavres des rwandais que le député Muhindo Nzangi aurait vus sur terrain, les recherches viennent de révéler qu’après un mois d’affrontement entre le M23 et les FARDC, car débutés le 14 juillet 2013, il n’y a plus un seul corps qui jonche le sol. Si donc le député Nzangi a fait allusion au concept « cadavres rwandais », c’est parce que dans la région de Goma, parler des centaines de cadavres rwandais sur le front suscite l’engouement de la population au regard de l’agression dont est victime la Rdc.
Ainsi donc, du point de vue de l’analyse, cela pourrait être perçu comme atteinte à la sécurité extérieure, car les propos de l’Honorable Nzangi au sujet des cadavres non enterrés depuis un mois soulèvent une idée relative à l’irrespect par la Rdc des principes du droit international, particulièrement le droit de la guerre.
Or, l’opinion doit se rappeler qu’en début juillet 2013, il a suffi d’une présumée mutilation d’un cadavre sur la ligne de front à Kibati, au nord de Goma, pour que le Secrétaire général de l’ONU, Mr Ban ki-Moon fasse un communiqué dans le sens de l’indignation des Nations Unies face à cette violation, par les FARDC du droit international. A cette occasion, Ban ki -Moon a même menacé de suspendre tout appui aux unités des forces armées de la Rdc.
Fallait-il le faire de la façon dont on a procédé ? Pendant tout ce temps, n’y a-t-il pas dans les différents médias d’autres déclarations plus graves que celles-ci ? Toutes ces questions restent posées et l’on pense que d’un moment à l’autre, le chef de l’Etat prendra cette mesure salvatrice de grâce attendue de tout le monde. Ainsi, comme l’avait souligné la Société civile du Nord-Kivu, il aura soulagé un tant soit peu la population du Nord-Kivu, pour laquelle il ne cesse de défendre les intérêts dans le souci du rétablissement de la sécurité et de la paix durables.
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