Le déploiement de la brigade spéciale d’intervention se fera dans les délais, assure le ministre des Affaires étrangères
Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende Omalanga, qui animait la conférence conjointement avec le chef de la diplomate congolaise, a saisi l’opportunité pour réagir au communiqué publié le 28 mars dernier, par certaines ONG, dans lequel elles plaident contre le déploiement de la brigade d’intervention au motif qu’elle pourrait mener à une intensification des affrontements militaires.
Le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a déclaré, lundi, au cours d’une conférence de presse que la brigade d’intervention de l’ONU chargée de neutraliser et de désarmer les groupes armés à l’Est de la RDC ainsi que de prévenir la prolifération de ces forces négatives va se déployer dans le Nord-Kivu, au 30 avril 2013, tel que le prévoit la résolution 2098 du Conseil de sécurité.
« J’ai l’assurance que les délais seront tenus », a affirmé M Tshibanda affirmant que la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Malawi étaient prêts à descendre sur le terrain avec leurs troupes à la date échue. Le ministre s’est, en outre, félicité de la prudence ayant entouré la décision du Conseil de sécurité prise à titre exceptionnel notamment de ne pas créer un précédent et de ne pas remettre en cause les principes de base d’une opération de Casques bleus que sont le consentement des parties, la neutralité et la non utilisation de la force sauf en cas d’auto-défense.
Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende Omalanga, qui animait la conférence conjointement avec le chef de la diplomate congolaise, a saisi l’opportunité pour réagir au communiqué publié, le 28 mars dernier, par certaines ONG dans lequel elles plaident contre le déploiement de la brigade d’intervention au motif qu’elle pourrait mener à une intensification des affrontements militaires.
« En tout état de cause, notre gouvernement ne conçoit pas qu’un risque de représailles purement hypothétique puisse faire que le chaos et l’anarchie créés par les bandes armées sans foi ni loi soient présentés comme préférables au rétablissement définitif de l’ordre, de la paix et de l’Etat de droit dans nos provinces martyres du Kivu sauf pour ceux qui trouvent leurs comptes d’une façon ou d’une autre dans cette guerre cruelle que nous voulons faire cesser », a déclaré M Mende.
Le gouvernement va charger à son tour Bosco Ntaganda
Par ailleurs, M. Lambert Mende s’est, en outre, exprimé sur la comparution de Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale estimant que c’est un signal fort à l’endroit de tous « les professionnels de crimes de guerre et contre l’humanité » écumant l’Est du pays. « Le gouvernement travaille ensemble avec la CPI pour que de nombreux autres crimes dont Ntaganda s’est rendu coupable, après 2002, soient également poursuivis et sanctionnés », a indiqué le ministre.
Il a ajouté à charge du détenu le crime d’incitation des militaires placés sous son commandement dans le cadre de l’accord de 2009, entre les groupes armés et le gouvernement à commettre des crimes de guerre, assassinats, arrestations arbitraires et disparitions forcées de personnes qui s’opposaient à lui ou dénonçaient ses méfaits. Le ministre Lambert Mende a déclaré que la RDC atteint un tournant décisif dans ses efforts visant à mettre un terme aux violences récurrentes qui, depuis 1998, sèment la mort, la destruction et la désolation dans sa partie orientale.
POINT DE PRESSE CONJOINT DU MINISTRE DES MEDIAS, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT ET DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DU 01 AVRIL 2013
Avec l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la Résolution créant la Brigade Spéciale d'Intervention qui a pour mission de sécuriser nos frontières à problème et traquer les groupes armés en République Démocratique du Congo, notre pays vient d’atteindre un tournant décisif dans ses efforts en vue de mettre un terme aux violences récurrentes qui depuis 1998, sèment la mort, la destruction et la désolation dans sa partie orientale.
Le point de presse du Gouvernement de ce jour s’ouvre par la communication y relative de mon estimé collègue Raymond Tshibanda, notre Ministre des Affaires Étrangères, qui est revenu hier soir de New York où il a travaillé très activement sur ce dossier. Il va vous donner l'économie de cette Résolution et vous présenter la vision du Gouvernement quant à sa mise en œuvre. Après quoi je pourrai parcourir quelques autres sujets de brûlante actualité.
[Speech de Monsieur le Ministre des affaires étrangères]
1. DES REACTIONS A LA CRÉATION DE LA BRIGADE SPÉCIALE D'INTERVENTION
Je voudrais d’abord rebondir sur l’exposé du Ministre des Affaires Étrangères pour déplorer l'attitude de certains compatriotes, notamment les responsables de certaines ONG comme l'Asadho, du Groupe Lotus et de la Ligue des électeurs qui se permettent de semer délibérément la confusion dans les esprits avec un communiqué publié avec la Fédération Internationale des Droits de l’Homme le jeudi 28 mars 2013, le jour même de l’adoption de la Résolution 2098 par le Conseil de sécurité, dans le but de retarder l’adoption de cette Résolution en jetant le discrédit sur l’Etat congolais qui, de victime d’une agression sur laquelle le Conseil de sécurité se penchait, était dépeint comme bourreau de son propre peuple.
La justification de ce plaidoyer contre le déploiement de la Brigade d'intervention était qu’elle pourrait mener à une intensification des affrontements militaires avec un risque supplémentaire de représailles des groupes armés contre les civils. Une façon comme une autre de vouloir maintenir le statu quo dans cette région et d’aider objectivement les forces négatives à se consolider au moyen d’un chantage cynique sur la RDC et la Communauté internationale. La protection des civils que l’on tente ainsi d'opposer au besoin d'éradiquer les forces négatives à l'Est de la RDC, est déjà l'objectif ultime de la constitution de la Brigade spéciale d'intervention. Elle ne peut donc pas logiquement être brandie comme une alternative à la Brigade.
En tout état de cause notre Gouvernement ne conçoit pas qu’un risque de représailles purement hypothétique puisse faire que le chaos et l'anarchie créés par les bandes armées sans foi ni lois soient présentés comme préférable au rétablissement définitif de l’ordre, de la paix et de l’Etat de droit dans nos provinces martyrs du Kivu, sauf pour ceux qui trouvent leurs comptes d’une façon ou d’une autre dans cette guerre cruelle que nous voulons faire cesser.
Comme pour faire bonne mesure, les auteurs du fameux communiqué du 28 mars prétendent que même si la Brigade d'intervention réussissait à désarmer certaines forces négatives, elle ne pourrait assurer la sécurité des civils dans ces régions à l’instar d’une force militaire traditionnelle. Nous devons leur dire que personne à New York ou à Kinshasa n'a demandé à la Brigade d'intervention des Nations Unies de se substituer aux FARDC ou à la Police Nationale Congolaise. C'est même pour cela qu'est prévu la création d'une "force de réaction rapide" congolaise au sein des FARDC. N’est pas spécialiste des questions militaires qui le veut.
2. DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS LE SAMEDI 23 MARS A LUBUMBASHI
Vous l'avez tous appris, quelques centaines de délinquants armés ont attaqué Lubumbashi le samedi 23 mars créant la panique au sein de la population.
La première information à ce sujet, c'est que cette aventure a été maîtrisée et la capitale provinciale du Katanga est à ce jour totalement sécurisée. Deux cent trente miliciens de ce groupe s'étaient rendus le même samedi à la Monusco qui les a désarmés avant de les transférer à Kinshasa le lundi 25 mars dans la matinée. Ils sont donc désormais à la disposition de la justice devant laquelle ils doivent répondre de leurs actes, notamment le fait qu'ils aient déchiré le drapeau national en lui substituant le leur.
Le Gouvernement de la République a dépêché d'urgence une commission d'enquête qui devra déterminer les revendications des assaillants et élucider les circonstances qui leur ont permis de franchir plusieurs communes jusqu'au centre-ville de Lubumbashi après avoir opéré à Kinsevere où ils ont tué trois personnes les 17 et 25 février. Les responsabilités seront établies et des sanctions appropriées seront prises aussi bien par le Gouvernement que par les Cours et Tribunaux.
En plus de la commission d'enquête, le Gouvernement a également envoyé à Lubumbashi une mission de pacification qui est à pied d'œuvre. En attendant les conclusions de la commission d'enquête, le bilan provisoire établi suite aux événements de samedi 23 mars dans la capitale cuprifère est de vingt-trois morts et de plusieurs blessés.
Quand on pense qu'il y a à peine quelques jours, on venait de vivre l'affaire Jean-Pierre Kanku Mukandi, du nom de ce sujet belge d'origine congolaise devenu chef d'un certain mouvement dénommé "Debout Congolais" qui a entraîné dans un complot visant à tuer le Président de la République des militaires et policiers congolais, il va de soi que la nation doive doubler de vigilance pour déceler toutes les ramifications de ces groupuscules qui prennent plaisir à endeuiller le Congo.
3. COMPARUTION DE BOSCO NTAGANDA A LA CPI
Le Gouvernement de la République se félicite de la reddition de Bosco Ntaganda à l'Ambassade des Etats-Unis au Rwanda le 18 mars dernier et de son transfèrement à la Haye le 22 mars. Sa comparution devant la Cour Pénale Internationale est un signal fort à l'endroit de tous les professionnels de crimes de guerre et contre l'humanité qui écument l'Est de la RDC depuis des décennies. Ils doivent savoir que l'impunité ne sera garantie à personne qui aura enfreint les droits fondamentaux de la personne humaine. Car personne et alors personne n'est au-dessus des lois. Cela vaut autant pour tous les membres de nos forces armées qui sont reconnus coupables de tels crimes.
On le sait, la CPI avait initialement accusé Ntaganda des crimes de guerre de recrutement, d’enrôlement et d’utilisation d’enfants âgés de moins de 15 ans alors qu’il était un des dirigeants du groupe armé de l’Union des patriotes congolais (UPC) pendant le conflit en Ituri en 2002 et 2003. C’est pour ces faits qu’il comparait actuellement.
Toutefois, le Gouvernement de la RDC travaille ensemble avec la CPI pour que de nombreux autres crimes dont Bosco Ntaganda s'est rendu coupable par la suite soient également poursuivis et sanctionnés. Il s’agit des graves exactions qu’il a commises au Kivu en sa qualité de chef militaire du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) après son escapade en Ituri.
Il s’agit également du crime d’incitation des militaires placés sous son commandement dans le cadre de l'accord de 2009 entre les groupes armés du Kivu et le Gouvernement, à commettre des crimes de guerre, assassinats, arrestations arbitraires et disparitions forcées de personnes qui s’opposaient à lui ou dénonçaient ses méfaits. Faits pour lesquelles le Président Joseph Kabila avait ordonné son arrestation dès le mois de mars 2012.
Enfin, depuis avril 2012, les combattants du M23, sous son commandement, ont commis de nouveaux meurtres, des viols et des recrutements d’enfants.
Avec plusieurs autres acteurs internationaux, le Gouvernement de la RDC est d’avis que des enquêtes sur tous les autres suspects des crimes commis au Kivu doivent être initiées tant au niveau des juridictions nationales qu’à celui de la justice internationale.
Quelques commentateurs se laissent aller ces derniers jours à affirmer que le procès du sieur Ntaganda à la Haye donnera à ce dernier l'occasion de faire des révélations embarrassantes pour le Président Joseph Kabila et divers segments de son Gouvernement. Ces supputations sont une distraction car on peut bien se demander ce que Bosco Ntaganda aurait à dire contre notre Président qu'il n'a pas pu dire pendant qu'il menait une rébellion armée contre Lui.
C’est le lieu de rappeler que le Gouvernement congolais avait décidé en 2009 de faire postposer les procédures contre Ntaganda devant la CPI afin de mettre l’intéressé à contribution pour vider les sanctuaires des forces négatives qu’il commandait aux côtés de Laurent Nkunda et qu’il s’était engagé à ramener au bercail. Ce deal avait,faut-il le rappeler, permis, outre le retour à la paix, la réduction sensible des capacités de nuisance des dites forces négatives.
4. DU PROCESSUS DE PAIX EN RD CONGO
Que les autorités rwandaises aient coopéré à la reddition de Bosco Ntaganda à l'Ambassade des États-Unis à Kigali est une évidence. Nous nous en félicitons car c’est un élément positif quant à l’engagement des pays de la région pour la mise en œuvre de l'accord-cadre signé récemment à Addis Abeba. Il faudra que ce pays voisin et partenaire de la RDC dans l’Accord d’Addis fasse plus encore en livrant à la justice congolaise ou internationale les nombreux autres criminels qui ont pris asile sur son territoire. Notamment les Baudoin Ngaruye, Zimulinda, Runiga etc sur qui pèsent les sanctions de l'ONU.
Réunis à Oyo, au Congo-Brazzaville, le dimanche 24 mars dernier, les Chefs d'Etat de la sous-région ont réitéré leur volonté de mettre en œuvre ledit accord-cadre.
S’agissant du M23, il est appelé à s’auto-dissoudre tel que vient de vous l’expliquer le Ministre des Affaires Etrangères.
5. DU CHANGEMENT DE RÉGIME À BANGUI
Le dimanche 24 mars dernier, comme vous le savez, l'ex-rébellion Seleka a pris le pouvoir en République Centre-Africaine, chassant ainsi le régime du président François Bozize. Des rumeurs ont aussitôt circulé au sujet de la destination de ce dernier après son départ de Bangui. Plusieurs médias friands du Congo bashing tenaient absolument à le voir en République Démocratique du Congo. A ce jour, l'information ne laisse plus de place au doute : le président François Bozize n'est pas en République Démocratique du Congo.
Quelques membres de sa famille qui ont été accueilli dans notre pays pour des raisons humanitaires. En effet, ces personnes ont quitté Bangui en catastrophe.
Elles ont effectué un voyage éprouvant jusque chez nous en traversant la rivière Oubangi et parcourant plusieurs villages et cités congolaises avant d'atteindre Kinshasa le mardi 26 mars, où elles sont arrivées dépouillées de tout. La culture africaine commande de venir en aide aux gens qui se retrouvent en pareille situation. C'est ce que la RDC a fait.
Pour le reste, les affaires intérieures de la République Centrafricaine concernent le peuple centrafricain. Le Gouvernement de la RDC n'a pas à s'y ingérer. On peut certes regretter que l'Afrique en soit encore à recourir aux armes pour accéder au pouvoir en plein 21ème siècle, chose que la Constitution congolaise condamne et l'Union Africaine dont nous sommes membres. Nous partageons donc la position de ces organisations sous-régionales et régionales au sein desquelles nous sommes actifs.
Le Gouverneur Julien Paluku Kahongya dément catégoriquement toute prétendue coopération avec les FDLR. : Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya a, au cours d'un point presse tenue ce jeudi 05 juillet, en sa résidence officielle, démenti catégoriquement les allégations faisant étant d'une prétendue coopération de sa part avec les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, Fdlr. Au cours de ce face-à-face avec la presse, l'autorité provinciale a tout d'abord éclairé l'opinion au sujet des efforts entrepris par la République Démocratique du Congo dans le cadre du rapatriement des rebelles et autres réfugiés rwandais ... lire la suite
COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT DE LA RDC SUR LA SITUATION SECURITAIRE AU KIVU. : Le 30 avril 2012, une mutinerie éclatait dans trois unités des FARDC au Nord et au Sud Kivu. D’anciens membres de groupes armés intégrés récemment dans l’armée avaient déserté avec leur ancien chef, Bosco Ntaganda, pour tenter de lancer une énième rébellion armée à l’Est. On observera peu après des tentatives similaires ... lire la suite