Ban Ki-Moon accuse le Rwanda d’être intervenu militairement dans la prise de Goma
Pour le Secrétaire général de l’ONU, la vitesse, l’efficacité et le succès du M23….la qualité de son équipement et la capacité du combat en général, tout cela suggère l’existence d’un soutien extérieur direct et indirect.
Enfin, dans un rapport publié mardi 19 février, Ban ki-Moon reconnaît que les rebelles du M23 qui ont pris en novembre dernier la ville de Goma dans l’Est de la Rd Congo ont sans doute bénéficié d’une aide extérieure compte tenu de la qualité des équipements utilisés.
En plus, la vitesse, l’efficacité et le succès de l’offensive du M23 ont été rendus possibles par une soudaine augmentation du nombre de combattants dans le groupe, des attaques coordonnées sur plusieurs fronts et des attaques en coordination entre l’infanterie et l’artillerie en appui.
Les observations par la Monusco du commandement et de la capacité de contrôle des forces attaquantes, la coordination efficace de son artillerie, la qualité de son équipement et la capacité de combat en général, notamment la nuit, tout cela suggère l’existence d’un soutien extérieur, direct et indirect.
Désormais, il n’y a plus de doute quant à l’appui apporté par le Rwanda et l’Ouganda dans la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23 le 20 novembre 2012. C’est Ban ki-Moon lui-même qui, dans un rapport rendu public le mardi 19 février dernier, l’a reconnu en disant que les rebelles du M23 qui ont pris en novembre dernier la ville de Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont sans doute bénéficié d’une aide extérieure compte tenu de la qualité des équipements utilisés.
Ce rapport n’indique pas d’où pouvait provenir cette aide, même si le Rwanda et l’Ouganda ont été accusés par les experts de l’Onu d’avoir aidé le M23 à prendre Goma le 20 novembre. Dans son rapport sur l’activité de la Force de maintien de la paix en Rdc, la Monusco, Ban Ki-moon souligne que les rebelles du M23, qui se sont retirés de Goma 11 jours plus tard, ont fait preuve de capacités inconnues auparavant.
« La vitesse, l’efficacité et le succès de l’offensive du M23 ont été rendus possibles par une soudaine augmentation du nombre de combattants dans le groupe, des attaques coordonnées sur plusieurs fronts et des attaques en coordination entre l’infanterie et l’artillerie en appui », déclare Ban Ki-moon dans ce rapport daté du 15 février et publié mardi. « Les observations par la Monusco du commandement et de la capacité de contrôle des forces attaquantes, la coordination efficace de son artillerie, la qualité de son équipement et la capacité de combat en général, notamment la nuit, tout cela suggère l’existence d’un soutien extérieur, direct et indirect », déclare le secrétaire général des Nations unies.
A l’époque de l’avance du M23 sur Goma, les responsables des Nations Unies s’étaient dit surpris de la force accrue des rebelles, mais avaient semblé réticents à dire officiellement qu’ils bénéficiaient d’une aide extérieure. Certains pays ont critiqué la Monusco pour ne pas avoir su empêcher la chute de Goma. Pour laver l’affront et soigner l’image de la MONUSCO qui n’a pas su protéger la ville de Goma en novembre dernier, Ban Ki-Moon recommande au Conseil de sécurité de l’ONU d’approuver la création d’une brigade d’intervention au sein de la MONUSCO pour éradiquer les groupes armés dans l’Est du Congo, confirment certains responsables des Nations Unies.
La mission de maintien de la paix pourra permettre l’utilisation de la force dans des situations de combat graves, tandis que les opérations de maintien sont conçus pour soutenir et surveiller un cessez-le-feu déjà existant, disent maintenant les diplomates et les fonctionnaires de l’ONU. Ce genre de mission offensive autorise l’utilisation de la force dans les situations graves, tandis que les forces de maintien de la paix ont plutôt vocation à surveiller un cessez-le-feu déjà en vigueur, expliquent les diplomates. Dans le cadre de la trêve fragile conclue entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, des négociations entre les deux parties se tiennent en Ouganda.
Le moment opportun
Ce rapport de Ban ki-Moon intervient au bon moment dans la mesure où il préside un sommet le dimanche 24 février à Addis-Abeba, qui va conduire à la signature d’un accord de paix régional sous les auspices de l’Onu visant à mettre fin à deux décennies de conflit dans l’Est du Congo. Etant donné que les stratagèmes du Rwanda et l’Ouganda sont déjà mis à nu par les experts des Nations Unies et confirmé par lui-même le Secrétaire général des Nations Unies, le moment est donc indiqué pour qu’il responsabilise les deux pays concernés qui ne sont pas à leur première tentative.
Mais une certaine opinion pouvait se poser la question de savoir pourquoi l’ONU ne sanctionnerait-elle pas les deux pays, vu le nombre de preuves accablantes à leur charge. En principe, le Secrétaire général des Nations Unies devait adopter quelques sanctions à l’endroit du Rwanda et de l’Ouganda pour crédibiliser le travail qui a été fait par les experts qui ont bénéficié de sa bénédiction et qui ont traité de tous les mots par les deux pays incriminés.
Ceci parce que le rapport ne sera intéressant que lorsqu’il accouchera des sanctions contre ces deux pays qui sèment l’insécurité dans la Région des Grands Lacs. Sinon, ils continueront toujours à nier et le doute risquera de se répandre au niveau de la communauté internationale. Comme pour dire que Ban ki-Moon aurait bien fait d’emboîter le pas à certains pays comme la Belgique, le Royaume Uni, les Etats-Unis d’Amérique, etc. qui ont eu à suspendre leur coopération militaire lorsqu’ils ont pris connaissance du rapport des experts des Nations Unies accusant le Rwanda et l’Ouganda d’avoir appuyé les rebelles du M23 dans la prise de la ville de Goma.
Toutefois, il est aussi permis de penser que Ban ki-Moon qui sait que son accord-cadre censé instaurer la paix et la sécurité à l’Est de la Rdc avait d’abord échoué, avant que la signature ne soit fixé pour le dimanche 24 février 2013. Lui qui était à la recherche d’un compromis avec les chefs d’Etat de la Région intéressés, n’a pas voulu frustrer le Rwanda et l’Ouganda, en adoptant des sanctions contre eux. Peut-être attend-il après dimanche pour le faire.
Il faut quand même reconnaître que si et seulement si le Rwanda et l’Ouganda ne sont pas sanctionnés par l’ONU à cause de l’agression imposée à la Rd Congo, Ban ki-Moon risquera de créer un précédent fâcheux. Il risque de créer par cet acte des pays qui peuvent les imiter et qui n’auront rien à craindre tout en disant que le Rwanda et l’Ouganda n’ont jamais été sanctionnés. Ban ki-Moon doit montrer à la face du monde que la communauté internationale est régie par des règles et qu’il ne s’agit pas d’une jungle où les plus forts et les plus astucieux font leur loi.
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