Crispus Kiyonga : « La solution aux problèmes de l’Est de la RDC est fondamentalement politique»
Médiateur des pourparlers entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la rébellion du M23, le ministre ougandais de la Défense Crispus Kiyonga a déclaré lundi 8 avril à Kampala que « la solution aux problèmes de l’Est de la RDC est fondamentalement politique ».
« La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) estime fermement que la solution aux problèmes de l'Est de la RDC est fondamentalement politique. La voie militaire peut seulement soutenir le processus politique. La voie militaire ne peut pas être autonome et ne peut pas apporter la paix durable à n'importe quelle partie du monde », a-t-il dit aux délégués de Kinshasa et de Bunagana (Nord-Kivu) qui se sont rencontrés à Munyonyo Commonwealth Speke Resort pour la reprise des travaux.
Il a souligné que « le processus politique est essentiel pour mettre fin aux souffrances du peuple congolais qui ont connu des rébellions brutales ; malgré l'autorisation de l'ONU pour la force d'intervention, les rebelles du M23 sont toujours engagés aux pourparlers ».
Selon Xinhua, le secrétaire du M23 chargé des relations extérieures René Abandi a fait remarquer que, « malgré plusieurs mesures prises par le groupe pour apporter la paix dans les zones sous son contrôle, le Conseil de sécurité a adopté une résolution le ciblant ».
« En adoptant la résolution, le Conseil de sécurité de l'ONU a sapé le processus de paix. Vous ne pouvez pas promouvoir un dialogue de paix en même temps avec la guerre », a-t-il relevé. « Le M23 est prêt à se défendre, mais cela pourrait conduire à beaucoup d'effusion de sang, un facteur que le groupe rebelle voudrait éviter en faveur de la paix », a encore déclaré René Abandi cité par Xinhua.
Les allégations du M23 ont été réfutées aussitôt par le représentant de Kinshasa, l’Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu, affirmant que « le gouvernement est toujours engagé dans le processus de paix visant à mettre fin aux souffrances des Congolais ».
« Arrêter toute action qui continue à menacer la population »
De passage le week-end dernier à Goma, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC Roger Meece a appelé le M23 et les autres groupes armés à « arrêter toute action qui continue à menacer la population ».
« Je ne peux qu’encourager le M23 ainsi que tout autre groupe armé qui menace la population à suivre la volonté clairement exprimée par le Conseil de sécurité d’arrêter toute action qui continue à menacer la population, d’arrêter les combats, les affrontements, les violences parce qu’il n’y a que par cette voie qu’on arrivera à la stabilité, qui profitera a tout le monde et certainement tous les Congolais », a-t-il déclaré.
Il a précisé à la Voix de l’Amérique (VOA) que « la résolution 2098 n’exclut pas une solution politique ».
Aux termes de cette résolution adoptée à l’unanimité le 28 mars et prorogeant jusqu’au 31 mars 2014 le mandat de la Monusco, le Conseil de sécurité a décidé le déploiement, « à titre exceptionnel et sans créer de précédent », d’une « brigade d’intervention » , chargée de « neutraliser » et de désarmer les groupes armés menaçant l’autorité de l’État et la sécurité des civils dans l’est de la RDC.
Il a indiqué que cette « brigade d’intervention », dont la MONUSCO disposera « pour une période initiale d’un an et dans les limites de l’effectif maximum autorisé de 19815 hommes », comprendrait notamment « trois bataillons d’infanterie, une compagnie d’artillerie, une force spéciale et une compagnie de reconnaissance ».
Elle « aura son quartier général à Goma et sera placée sous le commandement direct du Commandant de la Force de la MONUSCO, laquelle est en conséquence, autorisée, à prendre les mesures nécessaires en matière de protection des civils, neutralisation des groupes armés, surveillance de l’application de l’embargo sur les armes ou d’appui aux procédures judiciaires nationales et internationales ».
Pays auteur du texte, la France a précisé que « les tâches confiées à la brigade d’intervention ne changeaient pas le mandat de la MONUSCO, lequel, a rappelé son représentant, demeure avant tout une mission de maintien de la paix dont l’objectif est la protection des civils ».
« Le renforcement de la Monusco permet de soutenir le processus politique mis en place par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Il n’y a pas de solution militaire aux problèmes de la RDC et de la région des Grands Lacs. La brigade d’intervention aura un rôle clef à jouer », a commenté la représentante du Luxembourg au Conseil de sécurité, Mme Sylvie Lucas Lucas, après l’adoption de la résolution 2098.
« Quant à la Monusco, elle doit continuer à aider le gouvernement de la RDC à améliorer son secteur de la sécurité », a-t-elle souligné.
Le Gouverneur Julien Paluku Kahongya dément catégoriquement toute prétendue coopération avec les FDLR. : Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya a, au cours d'un point presse tenue ce jeudi 05 juillet, en sa résidence officielle, démenti catégoriquement les allégations faisant étant d'une prétendue coopération de sa part avec les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, Fdlr. Au cours de ce face-à-face avec la presse, l'autorité provinciale a tout d'abord éclairé l'opinion au sujet des efforts entrepris par la République Démocratique du Congo dans le cadre du rapatriement des rebelles et autres réfugiés rwandais ... lire la suite
COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT DE LA RDC SUR LA SITUATION SECURITAIRE AU KIVU. : Le 30 avril 2012, une mutinerie éclatait dans trois unités des FARDC au Nord et au Sud Kivu. D’anciens membres de groupes armés intégrés récemment dans l’armée avaient déserté avec leur ancien chef, Bosco Ntaganda, pour tenter de lancer une énième rébellion armée à l’Est. On observera peu après des tentatives similaires ... lire la suite