Devant Kabila hier : Didier Reynders scelle le sort du M23 à Lubumbashi !
Le vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères a effectivement rencontré le Président Kabila à Lubumbashi. L'homme d'Etat belge a mis la rencontre à profit pour régler définitivement la question du M23. Sans détours ni atermoiements, Didier Reynders a déclaré, au sortir de l'audience : « La priorité pour nous, c'est de condamner la rébellion qui a lieu dans l'Est. C'est de faire en sorte que l'on puisse garantir l'intégrité du territoire du Congo, qu'il n'y ait pas d'ingérence en quoi que ce soit. Cela passe notamment par le renforcement de l'Etat de droit et une réforme de l'Armée ».
Le M23 peut encore gesticuler et tenter de faire parler de lui à sa façon, mais ses jours sont comptés. Cela va prendre le temps que ça va prendre, il ne fait aucun doute que tôt ou tard, la Communauté internationale décidera d'appuyer la Rdc en vue d'éradiquer la fabrication politico-militaire du Rwanda.
Dans les us et coutumes internationales, notamment en ce qui concerne la gestion des crises dans les pays africains, la voix de l'ancienne métropole est déterminante dans l'attitude de la Communauté internationale.
Ainsi, après les prises de position de Washington, de Berlin, d'Amsterdam et de Stockholm, il fallait, cela reste de tradition, que la Belgique se prononce de manière claire et publique sur la crise congolaise. C'est dans ce contexte stratégique qu'il convient d'inscrire le déplacement de Didier Reynders dans les Grands Lacs africains.
Bruxelles, qui connaît parfaitement bien ses deux anciennes colonies, est mieux placé pour cerner toute la problématique de l'actuelle crise.
Le passage de l'homme d'Etat belge dans la région en ce moment particulier où le monde entier s'est ouvertement prononcé sur la crise congolaise, constitue un signal fort. Il a pour but de lancer une sorte d'ultimatum aux mutins du M23 ainsi qu'à tous ses parrains.
Savoir comprendre
Kagame, qui continue à faire la sourde oreille face aux multiples interpellations en provenance de presque partout, doit savoir lire les signes du temps. Il ne faut pas croire que les va et vient des personnalités étrangères entre Kinshasa et Kigali entrent dans le simple cadre du tourisme politique. La Communauté internationale, contrairement à tout ce que l'on a toujours dit d'elle, possède de la suite dans ses actions.
Le M23, en dépit de ses dernières mises en place, ne doit se faire aucune illusion. Au regard de la ferme déclaration du vice-Premier ministre belge, il lui serait largement avantageux de décrocher avant que le Conseil de sécurité de l'Onu n'adopte une résolution fatale.
Lentement, mais sûrement, le M23, par le fait d'appréciation de son mentor Kagame, est en train de se faire inscrire irréversiblement sur la liste des forces négatives. Le petit temps de grâce qui lui est encore accordé vise uniquement à sauver l'honneur du Président Kagame. L'option levée jusqu'à présent est de ne pas le tourner en dérision en déclenchant une chasse sous mandat international contre ses poulains.
Exactement comme on le fait aujourd'hui avec la LRA et le FDLR.
Tout dépend désormais de Kagame et de sa capacité à savoir interpréter à leur juste valeur, les signes du temps. L'enjeu du vaste et pressant ballet diplomatique qui secoue les Grands Lacs africains est de pousser Kagame à comprendre qu'il ne peut plus sauver, et son honneur et celui de ses marionnettes dans cette nouvelle crise. Si le tour lui a réussi en 2009 quand il est parvenu à soustraire Nkunda des griffes de Kinshasa et à imposer un dialogue avec le CNDP rénové, aujourd'hui il n'en sera rien. Ou Kagame accepte de sauver sa seule peau ou il s'expose à sombrer avec ses marionnettes.
De notre côté, il est impérieux de savoir saisir à sa juste valeur l'interpellation de Didier Reynders concernant la nécessité de réformer notre Armée …
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