Depuis plus de 10 ans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à des guerres cycliques dont les auteurs ne sont autres que les Congolais qui se disent exclus de la gestion de la chose publique. Ces Congolais appartenant tous à un coin bien déterminé du pays accusent leurs compatriotes de xénophobie à leur endroit. Malheureusement dans leur argumentaire ils n'expliquent pas pourquoi ils doivent s'allier à d'autres pays pour détruire la nation à laquelle ils appartiennent et tuer leurs propres compatriotes. Visiblement ils ont un agenda caché qu'ils ont honte de révéler à la face du monde.
C'est pourquoi, nous pensons que cette fois à Kampala, puisqu'il s'agit de mettre définitivement fin à ce sempiternel désordre, une question très précise doit être adressée à la délégation du M23 : que veulent-ils exactement que leur pays fasse pour eux ? Après les accords du 23 mars 2009, qu'est ce qui n'a pas été fait ? Il faut qu'ils aient le courage et la sincérité de proclamer tout haut leurs desiderata. S'ils veulent créer un propre pays à eux, c'est un secret de polichinelle, qu'ils le disent pour que toute la communauté internationale en soit informée. Mais ils doivent mettre fin à des comportements ambigus qui jettent l'opprobre sur toute leur communauté alors que certains d'entr'eux ont choisi la voie de la paix.
Nous savons que la plupart des guerres en Afrique ont comme origine la soif du pouvoir. A l'époque où les leaders de nos compatriotes mis en cause aujourd'hui se trouvaient dans les arcanes du pouvoir, l'Est du pays vivait dans la paix. C'est le cas de la 2ème République où l'un de leurs abattu le record à la tête du cabinet de feu le maréchal dictateur. C'est aussi le cas pendant le court règne de la coalition AFDL. C'est également le cas à l'époque du fameux gouvernement 1+4. Mais les choses se gâtent chaque fois que certaines figures de proue du groupe ethnique dont il est question ici sont hors des institutions. C'est ce qui est arrivé en 1998. Le même scénario a été vécu après les élections de 2006. Nous vivons les mêmes soubresauts après les élections de novembre 2011.
Que faire tant que la RDC est entrée dans un processus démocratique qui exige que seules ceux qui ont gagné les élections dirigent le pays ? Encore que la Constitution interdit le recours à la violence pour accéder au pouvoir.
C'est pourquoi, il faut être clair à Kampala : les Congolais de quelle que origine soient-ils qui désirent accéder au pouvoir n'ont qu'à s'allier officiellement à la majorité actuelle pour prétendre entrer dans les institutions. A défaut, ils font l'opposition démocratique en attendant les élections de 2016. Mais il ne faut pas violer la loi suprême en envisageant encore une transition de quelle que forme qu'elle soit parce que cela risque de nous faire reculer de plusieurs années.
De même que nous mettons en garde ceux qui prennent facilement les armes pour détruire et tuer pour faire entendre leurs voix, de même nous appelons à la tolérance les membres du groupe consultatif présents à Kampala. Ils doivent s'abstenir d'adopter d'un comportement susceptible de faire basculer la situation en faveur de ceux-là qui n'ont pas d'argument à faire valoir face à la communauté nationale et internationale. La prudence doit être de rigueur. En tout état de cause, Kampala doit absolument aboutir à une solution de paix. Sinon tous ceux qui nous accompagnent risquent d'en avoir marre et nous abandonner à notre triste sort estimant que nous somme de bons à rien. Les uns et les autres doivent donc relever le défi auquel nous sommes confrontés.
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