Cadre de concertation pour la cohésion nationale - Sortir des sentiers battus
Le président de la République, Joseph Kabila, en appelle à un cadre de concertation pour la cohésion nationale qui réunira toutes les forces vives de la nation. C'est l'occasion, pense-t-il, de laver les linges sales en famille pour déjouer le complot international ourdi contre la RDC. Mais, ce n'est pas la première fois que la RDC expérimente pareille initiative. D'autres, comme le tout dernier Dialogue inter congolais de Sun City (Afrique du Sud), ont vu leurs recommandations vite rangées au placard. Mal intériorisée, la concertation prônée par le chef de l'Etat pourrait ressembler à beaucoup d'autres qui ont fait flop dans le passé lointain et récent. Joseph Kabila est invité à sortir des sentiers battus en fixant les balises de ce dialogue national new look.
Pourparlers. Dialogue. Concertation. Echanges. Voilà des séquences qui vont rythmer la vie politique nationale au cours de 2013. Le ton a été donné l'année passée avec, entre autres, les rencontres qui se poursuivent à Kampala (Ouganda) entre la délégation gouvernementale et celle du M23. Dans son message de fin d'année à la Nation, le président de la République, Joseph Kabila, a lancé une initiative par laquelle il entend réunir toutes les forces vives de la nation dans l'espoir, pense-t-il, d'apporter une solution durable à l'énigme de l'Est. Pour le chef de l'Etat, « la guerre dans laquelle nous sommes entraînés doit être une occasion de nous unir davantage ».
Dans l'opinion, l'on craint déjà que le message du chef de l'Etat n'ait pas été bien compris dans différentes institutions de la République. La preuve en a été donnée hier lundi à l'Assemblée nationale lorsqu'il s'est agi de juger de l'opportunité de l'invalidation du mandat législatif du député Roger Lumbala, passé, selon des témoignes concordants, du côté de la rébellion du M23.
Passions et clivages ont émaillé ce débat qui a entouré ce sujet au sein de la Chambre basse du Parlement. C'est dire que dans la classe politique congolaise, la cohésion nationale que réclame le chef de l'Etat est loin d'avoir été intériorisée à juste titre.
L'appel du chef de l'Etat
Pourtant, dans son message de fin d'année 2012, le chef de l'Etat est plus que conciliant : « Quelles que soient nos ambitions en tant que nation, quels que soient les moyens que nous mobiliserons pour atteindre ces ambitions, aucun résultat positif n'est possible dans la division ». Il a poursuivi en faisant remarquer que « la diversité de nos tribus, de nos croyances religieuses ou philosophiques et de nos opinions politiques, constitue une richesse inestimable pour notre pays. Elle ne doit pas nous distraire du vouloir-vivre ensemble qui, en dépit de toute adversité, a toujours caractérisé le peuple congolais ». Et de rappeler que « comme Etat et comme nation, hier comme aujourd'hui, face à l'épreuve de la guerre, la cohésion nationale a été et demeure la condition de notre survie, le bouclier le plus sûr contre toute velléité de balkanisation et de destruction ».
Dans l'entendement du chef de l'Etat, « cette cohésion postule un patriotisme qui ne s'accommode d'aucune justification de la trahison ; un patriotisme qui bannit les divisions et mobilise sans compter, pour un Congo à jamais indépendant et indivisible, toujours plus fort et plus prospère ». C'est suivant cette dynamique qu'il a appelé à « l'organisation, dès le début de l'année 2013, d'un cadre pour les échanges entre toutes les forces vives de la nation ».
Se plaçant au-dessus de la mêlée et loin de toute coloration politique, Joseph Kabila a clairement exprimé son souhait. Celui de voir « chacun de nous uvrer pour que l'année nouvelle soit effectivement celle de la cohésion nationale ». Est-ce que ce message a été perçu cinq sur cinq à l'Assemblée nationale ?
Le débat de lundi autour du dossier Lumbala a ramené à la surface les grandes fissures politiques qui rongent la Chambre basse du Parlement qui reste minée par le clivage Majorité-Opposition. Dans ces conditions, il faut craindre que le message ne trouve pas un écho favorable.
D'où, l'urgence pour le chef de l'Etat de battre le rappel des troupes. En premier lieu dans les rangs de sa famille politique afin que tous ne parlent finalement qu'un seul langage : celui de la cohésion nationale.
Parler un même langage
Le dialogue en vue de la cohésion nationale voulu par le président de la République est une réponse aux préoccupations maintes fois exprimées par l'ensemble de la classe politique et de la Société civile. Tous n'ont pas caché leur volonté de se mettre autour d'une table pour définir ensemble le devenir de la nation. La guerre imposée par le Rwanda et l'Ouganda au travers du M23 n'est venu que conforter le consensus minimal trouvé au sein de l'élite congolaise selon lequel « plus jamais le pouvoir ne se prendra par la voie des armes ».
Fort de la tendance tracée par l'opinion publique pour des concertations entre acteurs, le chef de l'Etat s'est clairement prononcé à ce sujet. Or, la qualité des discussions dépend souvent de la compréhension des enjeux par les uns et les autres. Ne pas prendre en compte ce préalable induirait à des conclusions erronées donc sans aucune utilité pour la nation en proie à une guerre dans sa partie orientale.
D'évidence, il est clair que le danger de balkanisation ne pourrait être conjuré que par un front intérieur étanche au sein de la société congolaise dans son ensemble. Face aux velléités publiquement exprimées par le Rwanda et l'Ouganda d'annexer des pans entiers du territoire congolais, il est inconcevable que des Congolais multiplient des divisions à l'interne.
Le dialogue voulu par le chef de l'Etat est une occasion pour les Congolais de se dire des vérités en face pour un nouveau départ dans le grand chantier de reconstruction nationale. Mais, pour réussir ce pari, il faut au départ aplanir les divergences et surtout parvenir à parler un seul langage qui n'aura pour dénominateur commun que la défense de la patrie, en danger.
Connaissant parfaitement la mentalité de l'acteur politique congolais, le chef de l'Etat a prévenu dans son message de fin d'année. C'est notamment lorsqu'il note avec raison que « cette cohésion postule un patriotisme qui ne s'accommode d'aucune justification de la trahison ; un patriotisme qui bannit les divisions et mobilise sans compter, pour un Congo à jamais indépendant et indivisible, toujours plus fort et plus prospère ».
L'Assemblée nationale et toute la classe politique congolaise ferait mieux de s'imprégner de cette sagesse pour éviter un naufrage au projet d'un cadre de concertation pour la cohésion nationale. Un appel est lancé à la direction de tout un chacun afin que 2013 marque la différence dans le domaine.
Cet engagement du président Kabila n'aura de sens que si les acteurs eux-mêmes s'activent à prendre le bon bout. Plusieurs initiatives pour les mêmes objectifs risquent de plomber les bonnes initiatives au bénéfice des opérations de charme n'ayant qu'un seul objectif : distraire.
Raison pour laquelle le chef de l'Etat est invité à définir clairement les objectifs de son initiative et cerner les modalités pratiques de fonctionnement. Cela éviterait de suivre les sentiers battus et de finir, comme les autres initiatives du genre ayant accoucher d'une souris ou étouffer dans l'uf.
Le Gouverneur Julien Paluku Kahongya dément catégoriquement toute prétendue coopération avec les FDLR. : Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya a, au cours d'un point presse tenue ce jeudi 05 juillet, en sa résidence officielle, démenti catégoriquement les allégations faisant étant d'une prétendue coopération de sa part avec les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, Fdlr. Au cours de ce face-à-face avec la presse, l'autorité provinciale a tout d'abord éclairé l'opinion au sujet des efforts entrepris par la République Démocratique du Congo dans le cadre du rapatriement des rebelles et autres réfugiés rwandais ... lire la suite
COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT DE LA RDC SUR LA SITUATION SECURITAIRE AU KIVU. : Le 30 avril 2012, une mutinerie éclatait dans trois unités des FARDC au Nord et au Sud Kivu. D’anciens membres de groupes armés intégrés récemment dans l’armée avaient déserté avec leur ancien chef, Bosco Ntaganda, pour tenter de lancer une énième rébellion armée à l’Est. On observera peu après des tentatives similaires ... lire la suite