NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU

Goma, le 21-12-2011

Texte intégral du discours d’investiture du président Joseph Kabila Kabange.

  • Monsieur le Président de la République du Zimbabwe,
  • Messieurs les Premiers Ministres, Mesdames et Messieurs les
  • Chefs de Délégation,
  • Honorable Président de l'Assemblée Nationale,
  • Honorable Président du Sénat,
  • Monsieur le Premier Ministre,
  • Monsieur le Premier Président de la Cour-Suprême de Justice,
  • Monsieur le Procureur Général de la République,
  • Honorables Députés et Sénateurs,
  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Mission Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales,
  • Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
  • Distingués invités, Mes chers Compatriotes


Il est des événements qui s'inscrivent en lettres d'or dans l'histoire d'un pays. Tel est le cas de celui qui nous réunit ce jour. Il marque la fin, dans notre pays, d'une époque où l'alternance au pouvoir ne répondait à aucune norme démocratique, et où le financement du processus électoral était essentiellement assuré par la communauté internationale. ,

Pour la deuxième fois en cinq ans, le peuple congolais s'est rendu aux urnes à terme échu, et dans un, climat globalement apaisés.

Pour la première fois de notre histoire, un mandat présidentiel s'est terminé sans crise institutionnelle et les élections ont été, à quatre-vingt quinze pourcent financées sur fonds propres de la République.

Bel exemple d'avancée démocratique et de reconquête d'une souveraineté à un moment perdue!

Par-delà l'importance du rituel de l'investiture, c'est donc plus pour célébrer ces avancées que nous nous trouvons en ces lieux ce jour. Aussi voudrais-Je, avant toute chose, au nom du peuple congolais, de toutes ses institutions, et en Mon nom propre, exprimer notre profonde gratitude aux Chefs de Délégation des pays amis, ainsi qu'aux Représentants des Organisations internationales qui ont bien voulu accepter de rehausser cette cérémonie de leur présence.

Leur présence parmi nous est l'expression de l'amitié et de la solidarité qu'ils ont toujours témoignées envers la République Démocratique du Congo.

Qu'ils veuillent bien accepter nos vifs et sincères remerciements.

Je voudrais ensuite rendre un vibrant hommage au peuple congolais, pour la maturité politique, l'ordre et la discipline dont il a fait montre depuis le début du processus électoral jusqu'à ce jour.

Je rends également hommage à nos forces de police et de sécurité qui, dans des conditions particulièrement difficiles, ont fait preuve de patriotisme et de professionnalisme chaque fois qu'avant, pendant et après le scrutin, elles ont été appelées à assurer l'ordre et la sécurité, si nécessaires au bon déroulement du processus électoral.

J'associe, à cet hommage, toutes les institutions de la République, pour avoir, chacune à son niveau, rendu effective l'organisation des élections présidentielle et législative, édition 2011.

La palme en revient, comme il se doit, à la Commission Electorale Nationale Indépendante que j'encourage à conclure, de façon satisfaisante et crédible, le chapitre des élections législatives, avant d'engager, conformément à son calendrier, celui des élections provinciales, sénatoriales et locales.

Je ne peux passer sous silence la contribution technique, financière et logistique de certains pays amis et partenaires étrangers.

Je pense tout particulièrement à la République d'Afrique du Sud, à la République d'Angola, à la République du Congo et à la MONUSCO.

Qu'ils trouvent tous ici, l'expression sincère de la gratitude du peuple congolais.

Je m'en voudrais si je ne saluais pas la mémoire de ceux de nos compatriotes, civils, éléments des forces de police et de sécurité, victimes innocentes, de l'intolérance politique et des discours d'incitation à la haine et à la violence de certains acteurs politiques.

Que le Seigneur Notre Dieu daigne accorder paix à leur âme.

Enfin, je voudrais sincèrement remercier ma charmante épouse, Olive Lembe Kabila, compagne de bons et mauvais jours, mes chers enfants, Sifa et Laurent Désiré, ainsi que tous les autres membres de ma famille, pour les sacrifices qu'ils consentent quotidiennement, afin de me permettre de m'acquitter de ma charge à la tête de l'Etat, et pour leur soutien inestimable tout au long de la campagne électorale.

Mes chers Compatriotes,

Le 28 novembre dernier, vous avez été appelés à choisir entre, d'une part, des promesses chimériques sur fond de discours incendiaires et, d'autre part, la perspective de la consolidation de la paix et de la stabilité, la poursuite de la reconstruction du pays et la crédibilité du projet de sa modernisation.

En Me renouvelant votre confiance, vous avez donc opté pour la continuité de l'œuvre grandiose commencée à mon initiative et réalisée de concert avec vous.

Soyez-en remerciés de tout cœur.

La haute charge que, pour la seconde fois, vous venez de Me confier, fait de Moi le Président de tous les Congolais. Je saisis l'opportunité que M'offre cette tribune pour, à ce sujet, rassurer solennellement tous ceux qu'au cours de la campagne électorale, je n'ai pas su convaincre de m'accorder leurs suffrages. Je les invite à croire en ma détermination à être réellement le Garant de la nation congolaise dans toute sa diversité, à l'écoute et au service de toutes les Congolaises et de tous les Congolais. Sans distinction de race, d'origine, d'obédience politique ou de confession religieuse.

J'en profite également pour réaffirmer ma détermination à Me montrer, à tous égards, digne de cette charge, comme, du reste, Je l'ai toujours fait.

Mes chers Compatriotes,

Grâce aux missions d'itinérance effectuées à travers le pays au cours des cinq dernières années, et à mes déplacements dans le cadre de la campagne électorale, J'ai rencontré personnellement la plupart d'entre vous. J'ai ainsi pu mesurer aussi bien votre degré de satisfaction, que celui de vos attentes et préoccupations.

A la quasi unanimité, vous nous reconnaissez le mérite d'avoir:

    • Rétabli la paix dans le pays et avec les Etats voisins;
    • Réunifié le territoire national;
    • Réhabilité l'Etat;
    • Instauré la démocratie et l'Etat de droit;
    • Stabilisé le cadre macroéconomique;

Obtenu l'annulation d'une grande partie de la dette extérieure du pays;

    • Relancé la croissance;
    • Amorcé la reconstruction; et
    • Mis fin à l'isolement diplomatique de notre pays.

Ces acquis seront préservés et consolidés.

Tout en saluant ces avancées significatives, vous en appelez à une action urgente pour que des retombées positives s'en fassent rapidement sentir sur le chômage, les revenus des ménages, la satisfaction des besoins sociaux de base, la salubrité de nos villes, les conditions de vie dans nos villages et la distribution de la justice; bref, sur le social et le vécu quotidien du Congolais.

Ce message a été reçu cinq sur cinq.

Et c'est conscient de cette forte demande sociale que Je vous avais proposé, Mon projet de société intitulé «La Révolution de la Modernité»

Véritable pacte pour l'avenir de notre pays, ce projet, qu'en M'accordant vos suffrages vous avez adopté, vise à faire de la République Démocratique du Congo, un pool d'intelligence et de savoir-faire, un vivier de la nouvelle citoyenneté et de la classe moyenne, un grenier agricole, une puissance énergétique et environnementale, une terre de paix et de mieux-être, une puissance régionale au cœur de l'Afrique, l'objectif ultime étant l'émergence de notre pays.

Cela suppose que nous nous appliquions à améliorer notre compétitivité dans tous les domaines.

Dans cette optique, en plus d'une gestion rigoureuse des finances publiques et d'une politique monétaire prudente, nous allons poursuivre l'amélioration du climat des affaires pour mieux attirer les investisseurs.

Nous allons de même poursuivre et accélérer la reconstruction du pays à travers le programme des cinq chantiers avec, comme priorité reconfirmée, la construction des infrastructures de communication.

L'étendue et la géographie de notre pays nous imposent de continuer à densifier et à améliorer la qualité de nos voies de communication, en ce compris les voies de desserte agricole, pour faciliter la circulation des hommes et des biens.

Sans infrastructures efficaces, la lutte contre la pauvreté est vouée à l'échec.

Nous allons aussi améliorer l'aménagement et l'équipement du territoire national dans le sens d'une meilleure connexion entre ses différentes composantes et un meilleur cadre de vie pour nos populations tant urbaines que rurales. A cette fin, une attention particulière sera accordée à la réforme du secteur foncier, en vue de limiter le nombre de conflits, de mieux protéger les propriétaires et de faciliter l'accès au crédit bancaire.

Par ailleurs, les villages, aujourd'hui dépourvus de tout, seront encouragés à se regrouper de manière à permettre leur modernisation, ainsi qu'une meilleure fourniture des services de base.

Parallèlement au développement des infrastructures, le Gouvernement se montrera particulièrement soucieux de la vie sociale du citoyen congolais. Avec le concours du Conseil Economique et Social qui sera bientôt installé, l'accent sera ainsi mis sur la création d'emplois, une politique du logement plus volontariste, l'amélioration de la couverture sanitaire de notre pays en multipliant les hôpitaux généraux de référence et les centres de santé locaux, la poursuite sans relâche de la lutte contre le VIH-SIDA, une meilleure prise en charge des maladie cardio-vasculaires, et l'amélioration sensible de la desserte en électricité et en eau potable, tant dans les milieux ruraux qu'urbains.

Dans ce cadre, la construction des centrales électriques à vocation provinciale ou interprovinciale sera poursuivie, parallèlement à la fiabilisation et à l'augmentation de la capacité du site d'Inga. Il en sera de même de la construction des usines de traitement d'eau dans toutes les villes et des systèmes d'adduction d'eau dans les villages.

S'agissant du secteur de l'éducation, le quinquennat que nous inaugurons ce jour sera marqué par une forte réduction du taux d'analphabétisme; l'effectivité de la gratuité de l'enseignement primaire et de la bourse d'études pour les finalistes du cycle supérieur et universitaire; l'augmentation du taux de scolarisation des enfants; l'amélioration de la qualité de l'enseignement; une plus grande professionnalisation de celui-¬ci ; la poursuite de la construction et de la modernisation des infrastructures scolaires, pour permettre à notre jeunesse d'étudier dans des conditions décentes; et la réforme de l'enseignement supérieur et universitaire, de manière à l'aligner sur les standards internationaux.

Dans ce creuset de l'excellence, la complaisance, la corruption et l'impunité sont à bannir. De même que dans tous les autres domaines de la vie nationale.

Mes chers Compatriotes,

Pour atteindre, dans un délai raisonnable, l'objectif de l'émergence de notre pays, autant que celui de l'amélioration notable des conditions de vie de nos populations, nous avons besoin d'une économie forte, dynamique, compétitive, moins dépendante d'un seul secteur, autant que des facteurs exogènes, et créatrice de beaucoup d'emplois, surtout pour les jeunes.

Diversification et réduction de l'extraversion seront donc des référentiels importants de notre politique économique au cours des cinq prochaines années. Une politique qui rejette l'autarcie et refuse, pour notre pays, le statut de supermarché du monde. Une politique soucieuse de la parité, de la cohésion et de la paix sociales, et qui offre des opportunités à notre jeunesse, ainsi qu'à la femme congolaise.

Par-delà le maintien de la stabilité macro-économique, l'émergence passe par la rationalisation et la stimulation de l'activité dans les secteurs porteurs de croissance, parmi lesquels, prioritairement, l'agriculture, les mines et les hydrocarbures.

Elle passe aussi par l'encouragement des opérateurs privés, engagés ou désireux de s'engager dans ces secteurs, à développer essentiellement, sinon exclusivement, les activités à forte valeur ajoutée.

Dans le secteur agricole, l'autosuffisance alimentaire sera la plus urgente des priorités. Nous entendons faire de l'Agriculture l'assise principale de notre marche vers la Modernité. Nous aurons, dans ce domaine, une approche pragmatique. Nos compatriotes seront encouragés à consommer congolais et ceux d'entre eux, qui se montrent déterminés à participer à la reconquête du marché interne, seront encadrés et motivés.

Des efforts seront par ailleurs déployés afin de retrouver nos parts de marché perdues à l'échelle internationale, en ce qui concerne les produits tropicaux. L'ambition de notre Pays à cet égard est de retrouver sa place parmi les plus grands producteurs et exportateurs de café, de cacao, de coton, d'hévéa, d'huile de palme, etc.

Traditionnel moteur de croissance de l'économie congolaise, le secteur minier sera soumis à de profondes réformes, afin de le rendre plus efficace et d'améliorer sa contribution à l'enrichissement de la Nation et des Congolais, tout en replaçant, ou en faisant émerger, notre pays dans le peloton de tête des pays producteurs de certains minerais stratégiques tels que le cuivre, le cobalt, l'étain, le manganèse, le colombo--tantalite, l'or, l'uranium, le chrome et le nickel. Il est .ainsi projeté, notamment:

  • La révision de certaines dispositions de la Loi portant Code minier, sur base des leçons tirées de son application pendant une décennie.
  • L'interdiction progressive de l'exportation des minerais à l'état brut et la promotion, en conséquence, d'une industrie locale de transformation.

La même rigueur sera appliquée au développement de notre potentiel en hydrocarbures, filière potentiellement porteuse de plusieurs points de croissance, mais jusque-là marginalement prise en compte dans les efforts de mise en valeur des ressources nationales.

L'accent sera mis, non seulement sur la prospection et la recherche, mais aussi sur la production effective, en vue d'une meilleure indépendance énergétique. Grâce à la Révolution de la Modernité, la République Démocratique du Congo entend ainsi retrouver et dépasser son niveau industriel des années soixante-dix, avec pour objectif de produire localement tous les produits industriels qui peuvent l'être, particulièrement ceux dont nous sommes producteurs de matières premières.

Pour ce faire, et après en avoir délibéré avec le secteur privé, nous allons rapidement doter le pays d'un plan général d'industrialisation, attentif à l'exigence de promotion de la Petite et Moyenne Entreprise, et capable de canaliser et d'accompagner, notamment par le crédit et le micro-crédit, les projets des entrepreneurs congolais.

Dans le cadre de la Révolution de la Modernité, la Fonction Publique congolaise devra, dans ses missions, organisation, philosophie d'action et mode de fonctionnement, se remettre fondamentalement en cause; cesser d'être une instance comptable et d'enregistrement des avancées ou des reculs de la société, un corps essentiellement revendicatif, voire vindicatif.

Le destin de notre pays, faut-il le rappeler, n'est pas d'être dans la périphérie, mais plutôt au centre du monde; là où se nouent et se dénouent les grands enjeux.

La République Démocratique du Congo doit donc être plus efficacement administrée. Elle a besoin d'une administration publique décentralisée, instance de régulation et force de proposition, au service de la population et des acteurs du développement. Bien plus, à l'heure de la mondialisation et de la globalisation, le repli sur soi est pour le moins suicidaire, aucun pays ne pouvant, seul, faire face aux défis multiformes d'un monde en constante mutation.

Je réaffirme donc Mon engagement à renforcer la participation de la République Démocratique du Congo aux activités des organisations internationales et régionales dont nous sommes membres.

Dans le même ordre d'idées, sur base des principes de l'égalité souveraine des Etats, de la réciprocité et du respect mutuel, notre diplomatie sera réorganisée et modernisée, de manière à en faire la vitrine d'un Congo qui rassure et qui gagne, source de fierté légitime pour notre peuple et pour l'Afrique.

Mes chers compatriotes,

L'ambition que Nous vous avons proposée pour notre pays, et que vous avez avalisée, concerne tous les domaines de la vie nationale. Sa concrétisation ne s'accommode pas de la moindre distraction. Elle s'inscrit dans la durée et requiert l'implication de tous. C'est par le travail, dans la rigueur, la Justice et la discipline, que nous créerons de la richesse, permettant ainsi d'améliorer les salaires et le pouvoir d'achat des Congolaises et Congolais.

Chef de l'Etat, je suis le garant constitutionnel du bon fonctionnement des institutions. Je ne trahirai donc jamais Mon serment. Je veillerai, comme à la prunelle de mes yeux, à l'intégrité du territoire national, à la souveraineté de notre pays, à la sécurité de tous, à la protection des personnes vulnérables, au respect de la loi, autant qu'aux droits humains.

Président de tous les Congolais, je reste fidèle à mon ouverture d'esprit traditionnel. Je suis convaincu qu'ensemble, déterminés et motivés, nous ne pouvons que relever le défi de l'émergence de notre pays. Je travaillerai donc avec tous les compatriotes qui ont la passion du Congo et qui veulent sincèrement œuvrer à sa modernisation. Au service de la patrie, il n'y a point de camp politique. Seuls comptent la compétence, le patriotisme et la bonne volonté.

Que Dieu protège et bénisse le pays de la promesse, la République Démocratique du Congo.

Je vous remercie.

 

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